25e dimanche ordinaire

Written by on 24 septembre, 2018

25e dimanche ordinaire

 

Nouvelle créature à l’instar de l’enfant

 

Qui est enfant ?

L’épisode de l’enfant proposé comme modèle aux disciples est relaté dans tous les évangiles synoptiques (cf. Mt 18,1-5 ; Mc 9,33-37 ; Lc 9,46-48). Tous ces passages s’ouvrent par une question suscitée par les disciples : «Qui est le plus grand?» En guise de réponse, Jésus place un enfant au milieu d’eux, geste symbolique qui montre que le plus grand dans la communauté devrait ressembler à un enfant. Mais qui est l’enfant ? En grec biblique, il existe “enfant” (teknon) au sens de familier, de descendant ou de postérité. On trouve aussi, dans le Nouveau, le mot “enfant” au sens de paidion, c’est-à-dire nouveau-né (cf. Mt 2,8 ; He 11,23). Paidion peut aussi revêtir un sens spirituel (cf. He 2,13). En Marc 9,36-37, Jésus parle de l’enfant en tant que paidion ou nouvelle créature. Etre paidion (enfant) est une attitude spirituelle qui s’exprime par la dépendance à l’égard de Jésus et par la nouveauté de vie.

Etre enfant, une question de nouveauté de vie

Pour mieux comprendre la signification de l’épisode de l’enfant placé au centre de la communauté, il convient de faire allusion à l’épisode de l’homme à la main desséchée placé au milieu de l’assemblée synagogale (cf. Mc 3,1-5). En effet, dans les deux épisodes, on retrouve le même scénario : sur l’ordre de Jésus, quelqu’un est placé au milieu de l’assemblée (cf. Mc 3,3 ; 9,36). Cependant, le premier épisode se déroule dans la synagogue, lieu de culte dans l’Ancien Testament, tandis que le second se passe dans une maison où sont réunis les disciples de Jésus. L’homme à la main desséchée peut bien symboliser la religion de l’Ancien Testament, incapable d’habiliter le croyant à entrer en communion avec son Dieu. En fait, l’homme à la main desséchée est incapable d’embrasser Jésus, tant que sa main, l’organe qui permet à l’homme d’accueillir autrui, demeure défectueuse. Par contre, l’enfant se laisse facilement étreindre par Jésus (cf. Mc 9,36).

Ainsi, l’enfant représente un nouveau type de croyant opposé à l’homme à la main desséchée. Il représente le croyant du Nouveau Testament, capable d’entrer en communion avec Dieu. Les apôtres ressemblent quelque peu à l’homme à la main desséchée, incapable de donner et d’accueillir… C’est pourquoi, ils ont du mal à accueillir l’annonce de la Passion du Seigneur (cf. Mc 9,32). En embrassant l’enfant, Jésus les exhorte à devenir comme un paidon (nouveau-né) ou une nouvelle créature. C’est de cette manière qu’ils pourraient entrer dans la dynamique de la nouvelle religion prônée par le Christ, la religion qui habilite le croyant à embrasser son Dieu, à communier personnellement avec Lui.

Roger Wawa, ssp

 


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