24e dimanche ordinaire

Written by on 17 septembre, 2018

24e dimanche ordinaire

 

C’est chemin faisant que Jésus pose à ses disciples la question christologique, qui se rapporte à l’identité du Christ: «Pour vous, qui suis-je?» (Mc 8,27). La réponse donnée par les disciples est d’abord hésitante: pour les uns, Jean Baptiste, pour d’autres c’est Elie ou encore l’un des prophètes (cf. Mc 8,28). Ensuite, par la bouche de Pierre, surgit une réponse bien précise: «Tu es le Christ», dit l’apôtre (Mc 8,29). Il y a donc un cheminement, une évolution dans la réponse à la question sur l’identité de Jésus: d’une réponse hésitante, l’on parvient à une réponse beaucoup plus précise. En cheminant dans la région de Césarée-de-Philippe, les apôtres cheminent aussi spirituellement. Au-delà de l’itinéraire géographique, ils poursuivent aussi un itinéraire spirituel, qui les conduit de l’incertitude à une connaissance claire de Jésus.

Jean Baptiste, Elie ou l’un des prophètes. Les gens identifient Jésus à Jean Baptiste, Elie ou l’un des prophètes (cf. Mc 8,28). Il s’agit là d’une connaissance du Christ qui se fonde sur l’expérience religieuse faite par le peuple juif dans le passé. On réduit donc la personnalité du Christ à celle des personnages du passé. Cela peut arriver quand on ne perçoit pas la nouveauté apportée par le Christ. Alors, on l’enferme dans le schéma et les catégories de l’Ancien Testament. Ce danger guette beaucoup de chrétiens aujourd’hui, notamment ceux qui s’accrochent plus à l’Ancien qu’au Nouveau Testament. C’est le cas de ceux qui préfèrent porter les noms des personnages de l’Ancien Testament. L’on court ainsi le risque de ne pas percevoir la nouveauté apportée par Jésus dans le Nouveau Testament. Sans l’ouverture au Nouveau Testament, l’on peut facilement considérer le Christ comme étant l’incarnation d’un personnage de l’Ancien Testament (Elie ou l’un des prophètes).

Tu es le Christ. « Tu es le Christ», dit Pierre à Jésus (Mc 8,29). L’apôtre ne confond pas Jésus avec les personnages de l’Ancien Testament. Se situant pleinement dans le Nouveau Testament, Pierre parvient à découvrir toute la richesse de la personnalité de Jésus. Celui-ci est le Messie. Mais il n’est pas un Messie conquérant, triomphateur… Il est plutôt un Messie souffrant, prêt à subir de dures épreuves pour le bien des autres. Il invite aussi le chrétien à faire autant: «Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix…» (Mc 8,34). La croix fait partie de l’essence du christianisme. Sans la croix, le christianisme perd de sa saveur. Beaucoup de chrétien s’imagine une vie toujours rose, sans épines, sans contre performance. Et pourtant, le message du Christ est clair: le disciple doit porter sa croix. C’est un message qui invite le chrétien à assumer dignement les échecs, les insuccès et les revers qui peuvent arrivent dans la vie de tout homme. Le disciple, nous dit le Christ, doit apprendre à renoncer à soi-même pour le bien des autres, de la société et du pays. Dans notre pays, l’écart entre les riches et les pauvres est impressionnant; écart de rémunération mensuelle, écart dans le standing de vie… Si chaque chrétien vivait ce renoncement prêché par le Christ, il y aurait certainement un peu plus d’égalité entre les hommes.

Roger Wawa, ssp

 


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